Pour tout le monde, avant même le Chapitre 0. Même si vous êtes pressé et que vous voulez sauter l'introduction pour foncer vers la pratique, lisez celui-ci : c'est le seul passage de la formation qui n'est pas optionnel.
L'idée n'est pas de vous faire peur ni de vous transformer en juriste. C'est de vous donner, en dix points concrets, les réflexes qui évitent les erreurs les plus fréquentes et les plus coûteuses quand on publie du contenu en ligne. Certaines sont de simples maladresses qui abîment la crédibilité d'un site ; d'autres engagent une responsabilité réelle, celle de la personne qui publie comme celle de l'organisation qui héberge le blog.
Publier sur internet, ce n'est pas écrire dans un carnet : c'est diffuser publiquement un contenu dont vous devenez responsable, et qui restera accessible et indexé bien après que vous l'aurez oublié. Tout ce qui suit découle de cette seule phrase.
L'erreur : récupérer une photo via un moteur de recherche d'images et l'insérer dans un article parce qu'elle correspond bien au sujet.
Pourquoi c'est un problème : une image trouvée en ligne est protégée par le droit d'auteur par défaut. L'absence de mention de copyright ne vaut pas autorisation, et « je l'ai trouvée sur Google » n'a jamais constitué une défense. Les demandes d'indemnisation par des agences ou des photographes sont fréquentes, et le fait que le blog ne soit pas commercial n'y change rien.
Le bon réflexe : n'utiliser que des images dont vous détenez les droits — vos propres photos, une banque d'images libres de droits dont vous respectez les conditions, ou une image achetée. En cas de doute, ne pas publier.
L'erreur : copier tout ou partie d'un article existant, éventuellement en changeant quelques tournures, pour gagner du temps.
Pourquoi c'est un problème : c'est une contrefaçon au sens du droit d'auteur, et c'est aussi contre-productif — les moteurs de recherche identifient le contenu dupliqué et n'ont aucune raison de faire remonter une copie plutôt que l'original. Vous prenez un risque juridique pour un résultat nul.
Le bon réflexe : citer une source courte entre guillemets en nommant l'auteur et en liant vers l'original, et écrire le reste vous-même. Un article qui apporte votre angle vaut mieux qu'un article qui répète celui d'un autre.
L'erreur : mettre le site en ligne sans page identifiant qui l'édite et qui l'héberge.
Pourquoi c'est un problème : en France, tout site accessible au public doit permettre d'identifier son éditeur et son hébergeur. Pour un site professionnel, ces informations sont obligatoires, et leur absence est sanctionnée. C'est aussi, plus prosaïquement, un signal de sérieux pour vos lecteurs.
Le bon réflexe : créer une page « Mentions légales » — c'est précisément l'un des rares usages d'une page et non d'un article (voir Chapitre 0) — et y indiquer l'identité de l'éditeur, ses coordonnées, le directeur de publication et l'hébergeur du site.
L'erreur : activer les commentaires, un formulaire de contact ou une inscription à une newsletter sans se demander ce que deviennent les données saisies.
Pourquoi c'est un problème : un nom, une adresse e-mail ou une adresse IP sont des données personnelles. Les collecter suppose d'informer les personnes de l'usage qui en sera fait, de recueillir leur consentement quand il est requis, et de leur permettre d'exercer leurs droits d'accès et de suppression. Un blog n'échappe pas au RGPD parce qu'il est petit.
Le bon réflexe : prévoir une politique de confidentialité accessible depuis toutes les pages, n'activer que les formulaires réellement utiles, et ne conserver que le nécessaire. WordPress propose nativement des outils d'export et d'effacement des données d'un utilisateur.
L'erreur : activer les commentaires et ne plus y revenir.
Pourquoi c'est un problème : un espace de commentaires non surveillé se remplit de spam en quelques jours, ce qui dégrade l'image du site et son référencement. Plus sérieusement, laisser en ligne des propos manifestement illicites après en avoir eu connaissance engage votre responsabilité en tant qu'éditeur de l'espace.
Le bon réflexe : dans les réglages de WordPress, exiger une validation manuelle avant publication d'un commentaire, ou fermer les commentaires si vous n'avez pas le temps de les suivre. Fermer est une décision parfaitement légitime.
L'erreur : reprendre un chiffre, une date, une citation ou une affirmation lue ailleurs sans remonter à la source.
Pourquoi c'est un problème : une erreur factuelle publiée sous votre nom vous est attribuée, y compris quand elle vient d'ailleurs. Elle circule, elle est citée, et elle reste indexée. La crédibilité d'un blog se construit lentement et se perd vite.
Le bon réflexe : vérifier systématiquement les chiffres, noms propres et dates auprès d'une source primaire avant publication. Ce réflexe sera repris en détail au Chapitre 6.
L'erreur : publier la photo d'une personne reconnaissable, citer un client nommément, ou raconter un différend en désignant quelqu'un.
Pourquoi c'est un problème : toute personne dispose d'un droit sur son image et sur le respect de sa vie privée, et la diffusion d'un propos portant atteinte à l'honneur ou à la considération d'une personne est constitutive de diffamation — que le propos soit vrai ou non, et y compris sans citer de nom si la personne reste identifiable.
Le bon réflexe : obtenir un accord écrit avant de publier la photo ou le témoignage d'une personne identifiable, anonymiser les exemples clients, et s'abstenir de régler un conflit sur un blog.
L'erreur : répéter artificiellement une expression pour « faire du SEO », ou ajouter en bas de page une liste de mots-clés sans rapport avec le texte.
Pourquoi c'est un problème : les moteurs de recherche traitent ces pratiques comme des tentatives de manipulation et les sanctionnent en déclassant la page. Le texte devient par ailleurs pénible à lire, ce qui fait fuir les visiteurs — l'inverse exact de l'objectif.
Le bon réflexe : écrire pour la personne qui lit, puis vérifier que le mot-clé principal apparaît naturellement aux endroits qui comptent. C'est tout l'objet du Chapitre 5.
L'erreur : publier des images sans texte alternatif, empiler des titres dans le désordre, ou signaler une information uniquement par une couleur.
Pourquoi c'est un problème : une partie de vos lecteurs consulte le site via un lecteur d'écran, en zoomant fortement, ou sans distinguer certaines couleurs. Un contenu inaccessible les exclut purement et simplement. Pour les organismes publics et un nombre croissant d'acteurs privés, l'accessibilité numérique est en outre une obligation légale, pas une option.
Le bon réflexe : renseigner le texte alternatif de chaque image porteuse de sens, respecter une hiérarchie de titres cohérente, et ne jamais faire reposer une information sur la seule couleur. Ces réflexes servent aussi le référencement, sans que ce soit leur raison d'être.
L'erreur : changer le permalien d'un article déjà en ligne, ou supprimer un contenu devenu gênant, en pensant que cela ne laisse pas de trace.
Pourquoi c'est un problème : l'ancienne adresse devient une page introuvable. Tous les liens pointant vers elle — depuis d'autres sites, des e-mails, des réseaux sociaux — cessent de fonctionner, et le référencement acquis est perdu. Quant à la suppression, elle n'efface ni les copies en cache, ni les captures, ni les archives publiques : un contenu publié doit être considéré comme définitif.
Le bon réflexe : fixer le permalien avant la première publication et ne plus y toucher (voir Chapitre 5). Si un changement est inévitable, mettre en place une redirection de l'ancienne adresse vers la nouvelle. Et se relire avant de publier plutôt que de compter sur la suppression après coup.
| Réflexe | En une phrase |
|---|---|
| Vérifier les droits | Je ne publie ni une image ni un texte dont je ne détiens pas les droits |
| Identifier l'éditeur | Mon site indique qui le publie et qui l'héberge |
| Protéger les données | Je n'en collecte que le nécessaire, et je dis ce que j'en fais |
| Vérifier les faits | Rien ne part sans que les chiffres et les noms aient été contrôlés |
| Respecter les personnes | Aucune photo ni aucun propos sur quelqu'un sans son accord |
| Écrire pour un humain | Le moteur de recherche vient après le lecteur, jamais avant |
| Assumer la durée | Un contenu publié est définitif : je le soigne avant, pas après |
Direction le Chapitre 0 : on pose le vocabulaire de base avant d'ouvrir WordPress.
Ce préambule s'appuie sur le cadre français et européen en vigueur : droit d'auteur (code de la propriété intellectuelle), obligations d'identification des éditeurs de services en ligne, RGPD et recommandations de la CNIL (cnil.fr), droit à l'image et à la vie privée, et référentiels d'accessibilité numérique.
Dernière vérification de ce préambule : août 2026.
Cette formation est proposée par Deladev, studio web de Loïc D. — création de sites et d'applications, accompagnement et formation sur mesure.
Les projets réalisés · Prestations et tarifs · Le blog tech · Me contacter
Écrite par Loïc D. avec l'assistance de Claude (Anthropic) — un travail à deux.
© 2026 Deladev — publiée sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Vous pouvez la lire, y renvoyer par un lien, la partager et la citer en créditant la source. La revendre, l'utiliser dans une prestation ou une formation payante, la republier même partiellement ailleurs, en diffuser une version modifiée ou l'exploiter pour entraîner un modèle d'IA nécessitent une autorisation écrite — pour un usage interne en entreprise, c'est souvent oui, il suffit de demander.