Niveau 🟢 débutant
Durée estimée : 25 min · Prérequis : Distributions Linux
Installer un système sur une clé USB, c'est comme graver un CD à l'ancienne : il ne suffit pas
de copier des fichiers dedans, il faut que la clé devienne elle-même « amorçable » — capable de
prendre la main sur la machine avant même que son propre système ne démarre. Une simple copie de
fichiers ne suffit jamais à ça.
Préparer le support d'installation. L'image ISO d'Ubuntu Server ne se copie pas sur une clé
USB comme un fichier ordinaire : elle doit être écrite en mode disque brut, secteur par
secteur, remplaçant entièrement le contenu de la clé (dd sous Linux/macOS, ou un outil dédié
comme Rufus sous Windows). Avant de démarrer dessus, il est prudent de vérifier l'intégrité de
l'ISO téléchargée avec son empreinte SHA-256 publiée officiellement — s'assurer que le
fichier n'a pas été corrompu ou altéré pendant le téléchargement.
⚠️ Ce que la vérification SHA-256 ne garantit PAS. Comparer l'empreinte du fichier
téléchargé à celle publiée sur le site officiel confirme que le fichier n'a pas été corrompu
ou modifié après sa publication. Elle ne garantit rien sur l'authenticité de la source
elle-même — télécharger depuis un site qui n'est pas le site officiel, même si l'empreinte
publiée sur ce site correspond, ne prouve rien. Toujours partir du site officiel du projet.
L'installeur, en résumé (Ubuntu Server utilise subiquity, un installeur textuel, pensé
pour une installation sans interface graphique) : les grandes étapes sont, dans l'ordre, la
langue, la disposition du clavier, la configuration réseau (généralement laissée en DHCP à ce
stade — l'IP fixe se configure après coup, vue en M2), le
partitionnement du disque, la création du compte utilisateur, puis l'installation des paquets de
base.
Le partitionnement propose souvent le LVM (Logical Volume Manager) par défaut — une
couche d'abstraction qui facilite le redimensionnement ultérieur des partitions, utile sur un
serveur dont les besoins de stockage évoluent avec le temps. Un piège fréquent : l'installeur ne
propose parfois pas d'utiliser tout l'espace disque disponible pour le volume logique principal
par défaut — un point à vérifier explicitement pendant l'installation, plutôt qu'à découvrir
plus tard en tombant Ă court d'espace.
L'import de clé SSH dès l'installation. Une option de l'installeur permet d'importer
directement une clé publique SSH (par exemple depuis un compte GitHub, où l'on peut publier ses
clés publiques) — la connexion par clé (vue en M1)
fonctionne alors dès le tout premier démarrage, sans étape de configuration manuelle
supplémentaire après coup.
⚠️ Le piège du paquet Docker proposé par l'installeur. Certains installeurs Ubuntu Server
proposent, en option, d'installer Docker directement pendant l'installation — via snap, le
système de paquets confinés d'Ubuntu. Ce Docker en snap fonctionne, mais son confinement casse
silencieusement certains bind mounts (montages de dossiers, vus en détail plus loin dans ce
module) : un dossier de la machine monté dans un conteneur peut se retrouver inaccessible ou
vide, sans message d'erreur clair. La parade est simple : refuser cette option pendant
l'installation, et installer Docker séparément après coup, depuis son dépôt officiel (page
suivante) — pas via snap.
🧪 Concrètement, sur notre exemple : l'installation a suivi exactement cette méthode —
Ubuntu Server LTS, clé USB préparée en mode disque brut, empreinte SHA-256 vérifiée, réseau
laissé en DHCP à ce stade (IP fixée ensuite vianetplan), clé SSH importée directement depuis
GitHub pendant l'installation, et le Docker proposé en snap explicitement refusé — installé
séparément juste après, par la méthode de la page suivante.
Le point de décision important arrive en toute fin d'installation : refuser le Docker en snap
pour l'installer proprement juste après, plutôt que de composer avec ses limites plus tard.
sha256sum ubuntu-server.iso
# Calcule l'empreinte du fichier téléchargé -- à comparer avec celle
# publiée sur le site officiel avant de continuer
sudo dd if=ubuntu-server.iso of=/dev/sdX bs=4M status=progress
# Écrit l'ISO en mode disque brut sur la clĂ© USB (/dev/sdX -- Ă
# adapter, ATTENTION à bien cibler la clé et pas un disque de données :
# cette commande écrase tout son contenu sans confirmation)
lsblk
# À exécuter AVANT le dd, pour identifier précisément quel périphérique
# correspond à la clé USB (par sa taille) et éviter de cibler le mauvais disque
Après l'installation, sur la machine fraîchement installée :
lsb_release -a && ip a
Doit afficher la version d'Ubuntu Server installée et au moins une interface réseau avec une
adresse — la base minimale pour continuer la configuration à distance en SSH.
| SymptĂ´me | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
dd écrit sur le mauvais disque, données perdues |
Périphérique cible mal identifié avant la commande | Toujours vérifier avec lsblk (par la taille) avant de lancer dd — cette commande ne redemande aucune confirmation |
| Bind mounts qui semblent vides ou inaccessibles dans un conteneur | Docker installé en snap pendant l'installeur, confinement actif | Désinstaller ce Docker, réinstaller depuis le dépôt officiel (page suivante) |
| Espace disque manquant peu après l'installation | Volume logique LVM non étendu à tout l'espace disponible pendant le partitionnement | Vérifier explicitement l'usage de l'espace disque disponible à l'étape de partitionnement, avant de valider |
Parce que la clé doit devenir amorçable (bootable) — capable de démarrer la machine avant même
que son propre système ne se lance. Cela nécessite une écriture en mode disque brut, pas une
simple copie de fichier.
Elle garantit que le fichier n'a pas été corrompu ou modifié après sa publication officielle.
Elle ne garantit rien sur l'authenticité de la source si le fichier n'a pas été téléchargé
depuis le site officiel du projet.
Parce que son confinement peut casser silencieusement certains bind mounts (montages de
dossiers) utilisés par les conteneurs — mieux vaut installer Docker séparément, depuis son dépôt
officiel.
Si tu as une machine ou une VM à disposition, télécharge une image ISO Ubuntu Server, vérifie son
empreinte SHA-256, et identifie (sans forcément l'exécuter) la commande dd exacte que tu
utiliserais pour la graver sur une clé USB de test.
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Écrite par Loïc D. avec l'assistance de Claude (Anthropic) — un travail à deux.
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